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Interview : Guillaume Rolland



STREET N’ SPORTS : Peux-tu te présenter brièvement ?
GUILLAUME ROLLAND :
Je m’appelle Guillaume ROLLAND, je viens tout juste d’avoir 18 ans. Je suis le cadet d’une famille de 4 enfants. Je viens de passer mon Bac en série S que j’ai eu avec mention TB.
Aujourd’hui, je suis fier d’être le premier français à partir pour la Silicon Valley en tant que finaliste international du Google Science Fair mais aussi de participer début Septembre au concours Lépine Européen !
J’ai toujours été passionné par la science. J’ai déjà eu la chance les années précédentes de remporter quelques concours de sciences nationaux :
-Lauréat du concours INC édition 2013 :



-Lauréat du concours Innovez de Science & Vie Junior en 2011, en inventant et brevetant un système de diffusion de thé intelligent et autonome :

-Je développe aussi des applis pour Smartphones :

Il y a un an, j’ai déposé un brevet sur un dispositif de réveil olfactif. Celui-ci m’a conduit à participer et à être lauréat une seconde fois du concours Innovez de Science & Vie Junior en 2013. Par la suite, j’ai été lauréat du concours jeunes inventeurs&créateurs en 2014. J’ai également eu la chance de remporter une médaille d’Or du concours Lépine en 2014 au sein du concours Jeunes Inventeurs et créateurs de la ville de Monts avec ce projet.
Aujourd’hui, il m’est donc offert deux opportunités que n’importe quel scientifique rêverait d’avoir : une finale d’un concours international de sciences à la Silicon Valley et un stand au prestigieux concours Lépine, lors de la foire européenne !

SNS : Comment t’es venu l’idée de développer ce réveil ?
GR :
Mon papa travaille en tant que directeur d’une maison de retraite et me fait part régulièrement de ses activités et des problèmes rencontrés avec les personnes âgées. L’un de ses problèmes, et non des moindres, était le réveil des personnes âgées. Leurs déficiences sensorielles, et particulièrement auditives ne leur permettaient pas de se réveiller en toute autonomie, le matin. Cela devenait donc une réelle dépendance pour eux.
Parallèlement, j’étais tout particulièrement frustré le matin par l’alarme sonore de mon réveil.
Il s’agissait donc pour moi de trouver un nouveau mode de réveil, efficace, rapide, agréable et adapté aux personnes âgées. L’utilisation de notre sens olfactif comme moyen de réveil m’est donc venu à l’idée. Notre nez est en effet un organe incroyablement sensible et composé de millions de récepteurs sensibles. Une odeur assez concentrée permet donc comme le fait un son assez fort de réveiller quelqu’un !

SNS : Combien de temps as-tu travaillé sur ce projet ?
GR :
Le développement du premier prototype s’est fait sur 2 mois environ en parallèle de mon parcours scolaire. Sinon, concernant le travail qui m’était demandé pour candidater au Google Science Fair et avoir mes chances d’être sélectionné, cela a été plus long ! J’ai du réaliser un dossier très complet, aller dans les labos de mon lycée le soir après les cours pour réaliser des expériences, travailler le week-end et les vacances pour avancer rapidement sur mon dossier, faire appel à des partenaires, etc …

SNS : Comment ton projet a intéressé Google ?
GR :
Les 15 projets qui ont particulièrement retenu l’attention de Google sont, selon moi, avant tout des projets scientifiques originaux mais assez concrets et scientifiquement vérifiés pour que ceux-ci puissent être développés un jour. Le côté « humanitaire » du projet est également important. Le projet doit apporter une solution à de véritables problèmes de société (maladie, pollution, vieillesse …) et non simplement pour ses propres intérêts !

SNS : Aller chez Google aux Etats-Unis, quelle impression cela fait ?
GR :
Nous sommes donc conviés ma maman qui est ma « Guest » et moi fin Septembre au siège de Google à la Silicon Valley. Tout est organisé et payé par Google, c’est donc une superbe opportunité pour nous.
Rentrer au cœur même du géant du web, c’est un peu le Graal pour tout futur ingénieur. Avec des journées bien remplies, Google nous promet de vivre une expérience hors du commun, j’ai bien hâte !

SNS : Tu te débrouilles bien en anglais ?
GR :
C’est surement la seule appréhension que j’ai. Mon anglais est un peu hésitant, niveau scolaire mais pas plus. J’ai donc profité des vacances pour le travailler intensivement. La bas, Google nous mettra à disposition des traducteurs au cas où !

SNS : Concours Lépine Européen, Google, y a-t-il d’autres lieux où tu as envisagé si ce n’est déjà fait de presenter ton invention ? D’autres personnes qui seraient intéressées ?
GR :
Pour l’instant, ce sont les deux évènements sur lesquels je me concentre. A court terme, je n’ai pas d’autres évènements de cette taille. Il faut également que je prenne le temps de me concentrer sur ma nouvelle formation d’ingénieur. Je rentre en effet à l’UTC (Université Technologique de Compiègne), à la rentrée.

SNS : D’ici combien de temps penses-tu que le produit sera commercialisé ?
GR :
Je ne peux pas m’avancer sur ce point, cela dépend de beaucoup de facteurs. Mais soyez sans crainte, vous le saurez en temps et en heure !

SNS : Y a-t-il d’autres projets dont tu aimerais nous parler ?
GR :
En ce moment je développe avec Alexis Naux, un ami, une sorte de lave-vaisselle de camping, une solution rapide, écologique et simple d’utilisation pour laver n’importe quelle vaisselle en déplacement.

SNS :Comment vois-tu ton avenir ?
GR :
Ces différents projets scientifiques m’ont réellement conforté dans le métier d’ingénieur. En déposant des brevets auprès de l’INPI, des prototypes avec des imprimantes 3D, en faisant du dessin industriel ou même en effectuant mes propres huiles essentielles en labo, j’ai pu avoir un avant-gout de ce métier. Tout ceci m’a donné encore plus envie de démarrer ma formation d’élève ingénieur à l’UTC début Septembre.

SNS : Aurais-tu des conseils à donner à de jeunes créateurs ?
GR :
Aujourd’hui, l’Etat met en place de nombreux outils pour les inventeurs français. Des incubateurs, des accélérateurs de projets et des technopoles sont à la disposition des entrepreneurs qui ont une idée innovante et qui souhaiteraient la développer.
Il suffit donc d’avoir la bonne idée et de se lancer. Vous ne serez jamais seul !

SNS : Un dernier mot ?
GR :
Je vous invite tous à aller sur le site du Google Science Fair du 2 au 15 Septembre sur ce lien : www.sensorwake.com et à aller voter pour mon projet. En effet, grâce aux internautes, le projet avec le plus de votes, gagnera le Prix Voter’s Choice Award et 10 000 $. Un gros coup de pouce pour développer mon projet !

Photo : SL / Metronews