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Rachida Dati a-t-elle utilisé l’IA pour son hommage à Calbo ?

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Rachida Dati

Le communiqué de la ministre de la Culture en mémoire de Calbo a déclenché une tempête : erreurs factuelles, fautes d’accord et références douteuses. De quoi alimenter les soupçons d’un texte généré – ou à tout le moins « inspiré » – par des procédés automatiques.

Le décès de Calbo, cofondateur d’Ärsenik, a bouleversé le rap français. Dans ce contexte, l’hommage officiel signé Rachida Dati devait être sobre et carré. Il a surtout été corrigé en urgence après la pluie de critiques. Au cœur du reproche : un titre qui n’existe pas (« Shalom ») attribué au duo de Villiers-le-Bel, des accords qui déraillent, une syntaxe heurtée… bref, tout ce qu’on ne veut pas lire dans un texte ministériel et encore moins dans un moment de recueillement.

Des formulations « hors-sol » qui sentent la génération par l’IA

Les éléments pointés donnent l’impression d’un assemblage stéréotypé : envolées sur la « virtuosité » du groupe, accumulation de termes techniques et de superlatifs, enchaînements mécaniques… Ces tournures « prêtes-à-l’emploi » rappellent les dérives de la rédaction assistée.

D’autant que l’erreur « Shalom » semble découler d’une confusion pour « Shaolin / 6e Chaudron », bien réel, présente ensuite dans la version corrigée du communiqué. Ajoutez-y des fautes d’accord (« avait révélé » au lieu d’« avaient » ; « il était définitivement entrée ») et vous obtenez ce cocktail qui fait immédiatement tiquer les lecteurs aguerris, artistes comme fans.

Au-delà du « qui a écrit quoi », l’épisode interroge la méthode. Un hommage officiel exige de la précision, une relecture rigoureuse, et une connaissance minimale d’un répertoire aussi fondamental qu’Ärsenik (« Quelques gouttes suffisent… », « Boxe avec les mots », le Secteur Ä, Bisso Na Bisso).

La succession d’approximations a abîmé le message, éclipsant la portée d’un artiste majeur. Le ministère dément tout recours à l’IA ? Soit. Mais si l’IA n’a pas écrit, l’hommage a clairement pris les travers d’un texte « IA-like ». Moralité : que l’on s’appuie sur un conseiller humain ou des outils, l’exigence reste la même – vérification des faits, respect des œuvres et des mots. À l’avenir, la meilleure technique restera toujours une relecture attentive… et une vraie culture du rap.