Booba : les raisons derrière sa condamnation à de la prison avec sursis

Booba vient d’être condamné par le tribunal correctionnel de Paris à trois mois de prison avec sursis et 30 000 euros d’amende. Une décision lourde, qui s’explique par la nature des messages publiés contre une journaliste et par l’impact direct qu’ils ont eu en ligne.
L’actualité dépasse largement le simple clash de réseaux sociaux. Le mardi 2 juin, la justice a estimé que le rappeur avait franchi une ligne dans son affrontement avec Linh-Lan Dao, journaliste à France Télévisions. Tout part d’un article de fact-checking scientifique consacré à ses prises de position sur les vaccins contre le Covid et un supposé lien avec la maladie de Creutzfeldt-Jakob. Après cette publication, Booba s’en est pris à la journaliste sur X devant une communauté immense, avec des messages jugés humiliants, ciblés et malveillants, selon le tribunal. Pour le tribunal, il ne s’agissait pas d’un simple coup de sang, mais bien d’attaques publiques susceptibles de déclencher un harcèlement massif.
Pourquoi la condamnation de Booba est aussi marquante
La justice a retenu deux éléments centraux. D’abord, le cyberharcèlement : en exposant la journaliste à ses millions d’abonnés, Booba l’a “jetée en pâture” à une foule numérique prête à relayer insultes et pressions. Ensuite, l’injure raciale : certains de ses messages ont été considérés comme sexistes et essentialisants, car ils renvoyaient Linh-Lan Dao à ses origines asiatiques et à sa condition de femme. C’est ce mélange entre attaque personnelle, portée publique et sous-entendu racial qui a pesé très lourd dans la décision.
À lire aussi
Le tribunal a aussi souligné l’intention de faire taire une journaliste dans l’exercice de son métier, simplement parce que ses investigations aboutissaient à une conclusion opposée à celle du rappeur. Booba devra en plus verser des dommages-intérêts à la plaignante. Et ce n’est pas tout : dans la même audience, il a également écopé de 20 000 euros d’amende dans un autre dossier pour injure raciale visant Tristan Mendès France. Cette condamnation envoie déjà un signal fort sur la responsabilité des figures ultra suivies en ligne.