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Hollywood : comment l’Ozempic et les régimes draconiens ont bousculé le « body positivisme »

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Ariana Grande - symbole du body positivity révolu à Hollywood

Sur les tapis rouges 2025, une silhouette s’est imposée : plus fine, plus lisse, plus standardisée. Entre l’essor des médicaments amaigrissants et le retour des diètes extrêmes, l’idéologie « body positive » recule à vue d’œil à Hollywood.

Des Golden Globes aux Oscars, la tendance s’est donnée en spectacle : actrices, acteurs et influenceurs sont apparus amincis, parfois méconnaissables. Les médicaments à base d’agonistes du GLP-1 – Ozempic, Wegovy ou Mounjaro/Zepbound – ont quitté la sphère médicale pour s’installer au cœur des conversations pop culture. Publicités de compléments, coachings express, tenues ultra-cintrées : l’industrie a remis la minceur au centre du cadran. En coulisses, dans l’univers du cinéma, stylistes et attachés de presse orchestrent un narratif « santé et performance » qui masque mal un objectif inchangé : rentrer dans l’échantillon, cocher le bon code vestimentaire, produire la photo parfaite.

De la diversité célébrée… au retour du « thin is in »

L’ère body positive (« body positivity »), portée par des mannequins grande taille, des chanteuses assumant leurs courbes et un discours inclusif sur les réseaux, semblait avoir déverrouillé la représentation des corps. Mais le balancier est reparti vers le « tout mince ». L’esthétique 90’s revient en force, encouragée par l’algorithme : filtres qui affinent, challenges « avant/après », culte de l’auto-optimisation. Un exemple illustrant parfaitement cette tendance à Hollywood : celui d’Ariana Grande.

 

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Même lorsqu’elles revendiquent des changements « par le sport et la nutrition », nombre de célébrités admettent désormais avoir eu recours, à un moment ou à un autre, à des aides pharmacologiques. Sur les tapis rouges, les looks s’ajustent à des corps toujours plus standardisés, ce qui renforce un cercle que certains jugent vicieux : plus la minceur est visible et applaudie, plus elle devient l’horizon attendu. La diversité corporelle, elle, est reléguée à quelques exceptions, souvent instrumentalisées comme alibis. Résultat : le message évolue subtilement, du « tous les corps sont beaux » à « un corps optimisé est préférable ».

Pharma, réseaux et business : un écosystème qui pousse à rétrécir

Les nouvelles molécules ont une double conséquence. D’un côté, elles offrent une solution médicale pour des personnes concernées par l’obésité, avec un suivi indispensable. De l’autre, elles alimentent une économie parallèle : « Ozemfluencers », télé-consultations expéditives, programmes « red carpet ready » en quatre semaines, et partenariats de marque qui banalisent l’usage hors indication.

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Dans ce brouhaha, la nuance disparaît : on confond accompagnement thérapeutique et obsession esthétique. Les plateformes amplifient le phénomène. Vidéos « what I eat in a day », révélations scénarisées et confessions lacrymales créent un feuilleton permanent. Les agences, elles, capitalisent : la promesse d’une transformation rapide se vend mieux qu’un discours patiemment construit sur l’estime de soi.

Le « body positivisme » en question : vers un réalisme responsable ?

Pendant que les studios ajustent les contrats d’images et les essayages, la pression collective grimpe, touchant aussi les métiers invisibles – doublures, danseurs, créateurs – qui doivent suivre la cadence pour « rester employables ». Désormais, la question n’est pas de sacraliser tous les corps, mais de revenir à du concret.

La santé ne se devine pas sur une photo : minceur ne rime pas forcément avec forme, et l’inverse est vrai aussi. Si une star parle de « nouveau mode de vie », qu’elle joue franc jeu : protocole médical, effets secondaires possibles, durée du traitement, coût réel.

Sans ces infos, on vend un rêve qui peut tourner au casse-pipe. Quant aux tapis rouges, qu’ils assument ce qu’ils sont : une vitrine. Libre à chacun d’y entrer affûté, musclé, plus rond ou ultra-sec – mais sans travestir la réalité ni, de manière quelque peu démagogique, continuer de faire croire que l’ère du body positivisme n’est pas révolue. L’époque gagnera moins à prêcher une idéologie du corps qu’à valoriser la responsabilité individuelle, l’effort mesuré et l’honnêteté sur les moyens employés.