Niska : Madrane revient sur leur séparation – « tout le monde s’est éloigné »

Invité de l’émission OuiHustle, Madrane a brisé le silence sur sa relation avec Niska et la fin de l’ère Charo. Entre reconnaissance, regrets et fierté mal placée, le rappeur du 91 raconte comment la prison a peu à peu cassé le lien avec son frérot, sans vraie embrouille mais avec beaucoup de non-dits.
Au milieu des années 2010, le collectif Charo du 91 emmené par Niska met une claque au rap français avec des morceaux comme « Carjack Chiraq », « Maître Simonard » ou le légendaire « Freestyle PSG ». À ses côtés, Madrane, figure d’Evry, apparaît régulièrement, jusqu’à ce que tout s’arrête. Des années plus tard, il explique que c’est l’incarcération qui a changé la donne : pendant qu’il se retrouve au placard, Niska enchaîne les succès et vit ses plus grosses années sur le devant de la scène. C’est ce décalage, plus que la trahison, qui a créé la fracture.
Mandats, reconnaissance et premiers signes de rupture
Avant de parler éloignement, Madrane insiste d’abord sur le soutien de Niska pendant sa détention, loin de l’image du pote absent quand tout explose. Il raconte avec émotion ce que ces gestes représentaient pour lui : « Quand moi j’étais au placard, je pouvais pas « lui en vouloir », parce que tous les mois il m’envoyait des mandats. Tous les mois je recevais un mandat du frérot. C’est pas tout le monde, qui t’envoie des mandats tous les mois, ça me faisait grave plaisir. Mais je comprenais qu’il avait beaucoup de boulot, ces années-là, 2016/2017, c’était sa meilleur époque. » Un rappel fort que, malgré la distance médiatique, le lien humain n’a jamais totalement disparu.
À lire aussi
Mais cette réussite fulgurante, il la regarde depuis sa cellule. Et c’est là que se joue la vraie rupture, loin des clashs publics ou des diss tracks. Madrane poursuit : « Malheureusement, j’ai pas pu assister à tout ça. Et c’est ça qui a causé la « perte » de Charo, en vrai de vrai. Quand je suis arrivé au placard, tout le monde s’est éloigné. Et quand je suis sorti de prison, il s’est braqué, je me suis braqué… » Fierté, malaise, honte aussi à l’idée de revenir après l’ombre : le rappeur explique s’être renfermé, jusqu’à prendre ses distances avec tout le monde, famille comprise. Plus qu’une embrouille entre artistes, cette séparation raconte surtout comment la prison isole, casse des dynamiques de groupe et laisse derrière elle des relations qu’aucun succès ne suffit à réparer.