Nagui et l’argent public : la polémique enfle – l’animateur riposte

Au cœur d’une commission d’enquête sur l’audiovisuel public, Nagui est accusé par le député Charles-Henri Alloncle (LR-RN) de s’être « enrichi sur l’argent public ». L’animateur riposte et menace de poursuites, chiffres à l’appui. Explications.
Au départ, une phrase lâchée fin décembre par le rapporteur de la commission d’enquête : Nagui serait, « sur les dix dernières années », celui qui se serait « le plus enrichi sur l’argent public ». Concrètement, que lui reproche-t-on ? D’exploiter des fonds publics via France Télévisions, grâce aux programmes produits par sa société Air Productions (Taratata, N’oubliez pas les paroles, etc.).
Le soupçon vise donc le montage classique du secteur : l’animateur n’est pas payé comme salarié du groupe, mais via ses contrats de producteur dont les budgets proviennent en partie de l’audiovisuel public. À la veille de son audition, Nagui explique que ces émissions génèrent de l’audience et des recettes, et affirme que le service public y trouve son compte. Il assume aussi ses activités privées (Banijay) et publiques (France Inter), ce qui attise l’attaque politique… et sa contre-attaque.
La réplique de Nagui, entre ironie et menace de plainte
« Il semble que j’occupe une place toute particulière dans votre cœur », commence l’animateur, avant d’interroger le sérieux des propos du député : « Je me suis demandé si vous maniiez avec talent et intelligence une forme d’humour, de dérision pamphlétaire ou si vous restiez au premier degré ». Il retrace ensuite son parcours : « Cela fait 44 ans que j’ai la chance de travailler pour le service public avec, il est vrai, quelques dérapages dans le privé ».
Et précise son statut : « Aujourd’hui, je suis salarié dans le public (France Inter) et dans le privé (Banijay) mais cela vous le savez, puisque je hante votre esprit, devrais-je dire ‘nourris vos fantasmes’ pour être plus juste ? » Sur l’argent, Nagui rectifie : « Je ne suis pas salarié de France Télévisions, vous le savez », et avance ses chiffres : « Aujourd’hui, je produis avec mes équipes 300 heures de programmes par an, ce qui nous permet de régler 10.000 bulletins de salaire par an, je ne parle pas au conditionnel ».
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Il insiste sur la rentabilité : « C’est sûrement la raison pour laquelle FTV nous en commande, cette rentabilité est surtout pour le service public, et vous le savez », puis martèle : « J’emploie des centaines de personnes qui fournissent un travail exemplaire qui, à moindre coût, rapporte de l’audience donc de l’argent au service public ». Et de s’indigner : « Pourquoi me jeter en pâture à la vindicte populaire ? » avant de conclure : « [Allons] nous retrouver face à un tribunal, non plus celui des réseaux sociaux, ni celui des médias d’opinion. Un tribunal, un vrai ».