A la UneDigitalEntertainmentJeux VidéoSociété

Clair Obscur : des injures raciales visant les développeurs français du jeu vidéo de l’année

clair obscur
Clair Obscur

Le sacre de Clair Obscur : Expedition 33 aux Game Awards 2025 aurait dû être une fête. Il s’est aussi transformé, sur une partie du web, en déversoir de haine avec des injures raciales. Explications.

Dans la nuit du 11 au 12 décembre 2025, le RPG de Sandfall Interactive (studio montpelliérain) a raflé neuf trophées aux Game Awards, dont le plus symbolique : le “Game of the Year”. Un carton rarement vu, encore plus quand il vient d’un studio français indépendant, sur une première production. En clair : la France n’a pas juste “placé un jeu” dans la conversation mondiale, elle l’a dominée.

Ce succès est un véritable évènement parce qu’il démontre que l’écosystème du jeu vidéo tricolore a du talent, mais s’il manque souvent de vitrines internationales à ce niveau-là. Cette victoire, c’est une preuve grandeur nature que le “made in France” peut jouer dans la cour des géants dans le monde des jeux vidéo.

Quand le succès se heurte à la haine en ligne

Et pourtant, dans l’ombre du triomphe, une polémique a surgi : sur les réseaux sociaux, les développeurs ont été visés par des messages ouvertement racistes, aux accents “anti-blancs”, au prétexte que le jeu serait “trop français” ou que son esthétique Belle Époque évoquerait une “vieille France” fantasmée.

On a même vu fleurir des amalgames crasseux, du style “jeu de nazis », « jeux vidéo de fachos”, comme si une direction artistique suffisait à coller une étiquette politique à une équipe entière.

À ce stade, ce n’est plus de la critique : c’est de la stigmatisation, reposant sur des insultes raciales.

Soyons clairs : réagir à une réussite culturelle par l’insulte raciale, c’est honteux. Et surtout révélateur. Parce que ce réflexe dit quelque chose du climat social en France : une époque où certains préfèrent chercher un coupable identitaire plutôt que de regarder les faits – un studio bosse, réussit, et au lieu d’applaudir, on crache. Le jeu vidéo mérite mieux. Et la France aussi.