« Michael » : pourquoi le biopic sur Michael Jackson a déçu une partie du public

Attendu comme l’un des grands rendez-vous cinéma de l’année, Michael n’a pas totalement tenu la promesse d’un portrait fort, dense et dérangeant de Michael Jackson. Le film impressionne par ses performances et sa musique, mais laisse une partie du public sur le bord de la route à cause d’un traitement jugé trop prudent.
Sur le papier, Michael avait tout pour marquer les esprits : une icône absolue, un casting très observé, et Jaafar Jackson, bluffant dans la peau de son oncle. Le film séduit d’ailleurs une partie des spectateurs par sa dimension nostalgique, ses numéros musicaux et l’énergie dégagée à l’écran. Pourtant, l’enthousiasme retombe vite chez une partie de la critique et du public. Le principal reproche est clair : le long-métrage survole son sujet au lieu de plonger dans la complexité d’un artiste aussi fascinant que tourmenté.
Un film spectaculaire, mais trop lisse sur le fond
Ce qui dérange, ce n’est pas seulement ce que Michael montre, mais surtout ce qu’il choisit de ne pas affronter. Plusieurs critiques dénoncent un récit aseptisé, presque figé, qui accumule les tableaux musicaux sans vraiment explorer la psychologie du chanteur, son processus créatif, ses contradictions ou ses zones d’ombre. Le film s’arrête en 1988, avant les affaires judiciaires des années 1990, un choix qui donne à beaucoup l’impression d’un biopic amputé de sa partie la plus sensible. Résultat : une œuvre jugée superficielle, parfois plus proche d’une vitrine patrimoniale que d’un vrai film de cinéma.
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C’est aussi ce sentiment qui revient chez certains spectateurs pourtant conquis par Jaafar Jackson. Beaucoup saluent sa ressemblance, sa présence et la force émotionnelle de certaines scènes, mais regrettent un scénario trop sage pour un personnage aussi immense. En creux, Michael ressemble à un hommage sous contrôle, incapable d’embrasser toute la vérité de son sujet. Et c’est précisément là que se niche la déception : raconter Michael Jackson sans prendre le risque de ses fractures, c’est forcément laisser une partie du public frustrée.