Coachella : bienvenue au festival le plus élitiste de la planète

Coachella reste un monstre culturel capable d’aimanter les plus grandes stars de la planète. Mais à mesure que le festival grossit, son image change : plus chic, plus chère, plus codée, au point de donner le sentiment d’un rendez-vous désormais taillé pour une élite.
Organisé dans le désert californien, Coachella s’est imposé comme l’un des festivals de musique les plus puissants au monde. Son aura dépasse largement les concerts : on y va autant pour les têtes d’affiche que pour l’image, les looks, les vidéos virales et la présence massive d’influenceurs et de VIP. Cette dimension culturelle et économique reste immense, même si l’événement n’affiche plus systématiquement complet des semaines à l’avance. Le problème, c’est que cette machine à prestige paraît de moins en moins pensée pour le grand public.
Un festival mythique devenu un marqueur social
Le premier filtre, c’est évidemment le prix. Pour le week-end d’ouverture, un billet en admission générale montait au minimum à 649 dollars, soit environ 570 euros. À cela s’ajoutent les boissons, la nourriture, le parking et, pour certains, l’hébergement sur place dans des tentes haut de gamme. Signe révélateur : selon une source citée par Billboard et relayée par Konbini, 60 % des billets seraient désormais achetés à crédit, avec un premier paiement fixé à 49,99 dollars. Même pour assister au festival “standard”, il faut donc soit avoir les moyens, soit étaler la facture.
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Cette logique nourrit l’idée d’un événement réservé à quelques-uns. D’autant que Coachella traîne aussi d’autres contradictions. Goldenvoice, son organisateur, appartient à AEG, groupe lié à Philip Anschutz, milliardaire régulièrement critiqué pour ses financements conservateurs. À cela s’ajoutent les polémiques sur l’empreinte écologique du festival, installé dans une zone désertique et générant chaque année quelque 1 600 tonnes de déchets selon une étude locale. Quand la foule semble parfois plus concentrée sur son téléphone que sur la scène, Coachella garde son statut unique, mais s’éloigne clairement de l’esprit populaire du festival de musique.