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Emily in Paris (Netflix) : trop de placements de produits et une série qui devient fade

emily in paris
Emily in Paris

Au-delà de sa carte postale de Paris (et de Rome), Emily in Paris multiplie les logos au détriment du récit. Au point que beaucoup de fans voient désormais la série comme un panneau publicitaire ambulant plutôt qu’une comédie romantique avec de vrais enjeux.

Depuis son retour sur les écrans, Emily in Paris assume un glamour XXL. Mais la nouvelle saison pousse le curseur encore un peu plus loins : l’œil n’est parfois plus guidé par les personnages, il est aimanté par les vitrines. À peine une scène démarre qu’un produit (sous la forme d’un placement de produit) prend le contrôle : un sac, une voiture ou encore une gourmandise. Le résultat ? Les fans se rappellent davantage des marques que des choix d’Emily, de Gabriel ou de Sylvie.

Quand chaque séquence devient un placement de produit

Dans les promenades romaines et parisiennes, le « it-bag » passe devant l’intrigue : le sac Baguette de Fendi est cadré en gros plan, parfois relayé par un Peekaboo de la même maison au détour d’un fitting. Même logique dans la visite du Palazzo Fendi, transformée en mini-spot de brand content.

Côté food & drink, on coche aussi des cases : un toast « discret » à la bière Peroni Nastro Azzurro, une pause sucrée avec un pot de Nutella posé bien face caméra, et des déambulations en Fiat 500 qui ressemblent à une pub lifestyle plus qu’à une progression dramatique.

Les scènes « pro » d’Emily plient, elles, sous le brief marketing. Une journée entière chez Intimissimi – citée et mise en avant – tourne la discussion de couple en atelier lingerie. Un voyage romantique en train devient prétexte à magnifier le Venice Simplon-Orient-Express (Belmond), dont on filme couloirs, cabines et verrerie comme dans un catalogue. Les vrais enjeux de la série ? En arrière-plan. À force, le schéma se répète : look, placement, post viral… rideau.

On peut aimer la mode, l’esthétique pop et les références 90’s/2000’s. Mais sans conflit clair ni risque narratif, l’émotion s’érode. Le problème n’est pas la présence des marques : c’est leur domination. Quand le sac Baguette (Fendi), la 500 de Fiat ou la Peroni deviennent les vrais protagonistes, Emily, Camille et Alfie perdent en épaisseur. La série gagnerait à remettre le storytelling au centre, et les placements à leur place : des accessoires, pas le scénario.