CinémaEntertainment

Euphoria (HBO Max) : ces polémiques que la série continue de créer inlassablement

Sydney Sweeney (Euphoria)
Sydney Sweeney (Euphoria)

Phénomène pop pour une partie du public, source de malaise pour une autre, Euphoria n’a jamais cessé de fracturer les débats. Le retour de la série sur HBO Max relance de front toutes les critiques qui l’accompagnent depuis ses débuts, de la représentation des corps à celle de la souffrance.

Après quatre ans d’attente, la saison 3 d’Euphoria a débarqué en France le 13 avril sur HBO Max, au lendemain de son lancement américain. Huit épisodes, un saut temporel de plusieurs années, et des personnages désormais entrés dans l’âge adulte : sur le papier, la série change d’époque. Dans les faits, elle reste coincée dans la même zone de friction. Son univers continue de provoquer, parce qu’il mélange frontalement adolescence brisée, désir, violence sociale et dérive intime dans une mise en scène ultra stylisée. Et c’est justement là que le débat repart de plus belle.

Une série qui dérange autant par son fond que par sa forme

La controverse la plus persistante concerne la place accordée aux corps féminins. Depuis ses débuts, Euphoria est accusée de vouloir dénoncer une époque tout en filmant ses excès avec une fascination troublante. La nouvelle saison n’éteint rien, bien au contraire. Plusieurs trajectoires féminines restent liées à l’exposition de soi, à la marchandisation de l’image ou à des formes d’exploitation, ce qui renforce l’idée d’une série aussi critique que complaisante dans sa manière de montrer.

L’autre point de tension touche à l’addiction. Avec Rue, la série continue de suivre une descente faite de rechutes, de mensonges, de dettes et de solitude. Mais son esthétique léchée, ses ralentis, ses lumières et sa bande-son ont souvent brouillé la lecture. Certains y voient une dénonciation puissante, d’autres une manière de transformer la détresse en spectacle. À cela s’ajoutent les polémiques autour des conditions de tournage et les rumeurs qui ont longtemps entouré certains départs du casting. Résultat : Euphoria reste ce qu’elle a toujours été, une série impossible à ignorer, et presque incapable d’apaiser le débat.