Nucléaire : l’EPR de Flamanville produit 2,5x plus d’électricité que toutes les éoliennes réunies

Ce dimanche, Flamanville 3 a franchi la barre symbolique des 100% de puissance. Après des années de retards, de doutes et de surcoûts, l’EPR français devient (enfin) une réalité industrielle. Il produit déjà 2,5 fois plus d’électricité que l’ensemble des 8 000 éoliennes françaises.
À 11h37, l’EPR de Flamanville a atteint pour la première fois sa pleine puissance, avec une production électrique brute annoncée à 1 669 MW, un cap salué par EDF comme une étape majeure. Quelques jours plus tôt, le régulateur de la sûreté (ASNR) avait donné son feu vert pour dépasser le seuil des 80% et poursuivre la montée en régime jusqu’au maximum. À l’heure actuelle, l’EPR de Flamanville produit déjà plus d’électricité que toutes les éoliennes réunies.
Flamanville, un rappel brutal sur l’intermittence
Politiquement et énergétiquement, l’image est puissante : au même moment, ce dimanche midi, la production éolienne était extrêmement basse. Plusieurs relevés partagés à partir des données temps réel éCO2mix de RTE évoquent environ 611 MW produit par toutes les éoliennes en France autour de midi… soit un écart d’environ 2,5 fois avec Flamanville 3.
Le réacteur EPR Flamanville 3 a atteint aujourd’hui, à midi, 90% de sa puissance nominale ! 😃
Fun fact : il produit 2,5 FOIS PLUS d’électricité que l’ensemble des 8000 éoliennes françaises au même moment (611 MW)#énergie pic.twitter.com/xzuAPPakoQ— MacLesggy (@MacLesggy) December 13, 2025
Le débat sur le mix n’est pas “nucléaire contre renouvelables”. Il est sur la capacité à garantir une production pilotable quand la météo décide de tout. Et ce dimanche, Flamanville a rappelé, chiffres à l’appui, ce que “tenir la charge” veut dire.
On ne va pas se mentir : ce “moment historique” pour Flamanville a aussi un goût de délivrance. Lancé en 2007, Flamanville 3 traîne un passif lourd : un chantier interminable, des reports à répétition et un coût qui a explosé par rapport aux estimations initiales.
Le réacteur a été raccordé au réseau le 21 décembre 2024, avec 12 ans de retard pour une facture totale autour de 23,7 milliards d’euros (selon la Cour des comptes). Ce passage à 100% ne signifie pas “fin de l’histoire” : des essais se poursuivent et un arrêt important est déjà anticipé pour les opérations de maintenance lourde du premier cycle.