LOL : faut-il revoir le film 17 ans après ? Une œuvre qui a mal vieilli

Dix-sept ans après sa sortie, LOL continue de hanter la mémoire des millenials. Alors que LOL 2.0 débarque en salles le 11 février, une question s’impose : ce teen movie culte mérite-t-il encore un revisionnage ?
En 2009, LOL a cartonné au cinéma et à la télévision en offrant à toute une génération d’ados un miroir de leurs amours, de leurs amitiés et de leurs rapports compliqués aux parents, sur fond de MSN, de voyages scolaires et de looks très années 2000. Pour beaucoup de jeunes spectatrices, voir enfin une héroïne française au centre du récit, avec ses envies et ses premiers émois, a compté. Aujourd’hui encore, certaines redécouvrent le film avec leurs parents et y voient un portrait touchant de la relation mère-fille, entre disputes et réconciliations.
Un film à la fois précieux… et très daté
Revoir LOL en 2026, c’est aussi se confronter à ce qui coince. Le film montre une adolescence très blanche, très bourgeoise, installée dans un XVIe arrondissement fantasmé, sans jamais vraiment questionner ce cadre privilégié. La diversité est quasi absente, les personnages racisés ou en situation de handicap sont secondaires et stéréotypés, et la vision de l’homosexualité reste limitée. S’ajoutent un langage violemment sexiste, du slutshaming récurrent et plusieurs scènes qui passent nettement moins bien à l’ère post-#MeToo.
Le film capture pourtant avec une certaine justesse la violence symbolique de l’adolescence des années 2010, avant que des notions comme le consentement, le harcèlement ou l’éducation sexuelle ne soient mieux posées dans le débat public. Comme capsule temporelle, comme objet d’étude d’une époque et comme madeleine pour celles et ceux qui ont grandi avec, il reste intéressant à revoir, à condition de garder un regard critique. De quoi aborder LOL 2.0 avec lucidité : la suite devra réussir à conserver la force de l’expérience féminine tout en corrigeant les angles morts qui font justement dire, aujourd’hui, que le premier film a mal vieilli.