Les Lionnes (Netflix) : une série redondante et sans saveur

Avec Les Lionnes, Netflix promettait un cocktail explosif entre braquage, comédie et chronique sociale. Au lieu de rugir, la série ronronne : huit épisodes mis en ligne le 5 février qui alignent les clichés, peinent à installer un ton et laissent un désagréable goût de déjà-vu.
Dans la lignée de Lupin ou Pax Massilia, la plateforme mise encore sur une création française, cette fois portée par Olivier Rosemberg, qui coécrit avec Carine Prévo. Le point de départ a pourtant tout pour accrocher : quatre femmes en galère décident de braquer une banque dans une petite ville du Sud, sur fond de maire populiste et de caïd de quartier. Problème : le scénario semble recycler sans complexe des ressorts déjà vus, notamment ceux d’une série américaine centrée sur des mères de famille criminelles, et ne parvient jamais à imposer sa propre identité. Très vite, on comprend que Les Lionnes va davantage tourner en rond que mordre vraiment.
Un recyclage assumé, mais sans griffes
Les Lionnes aurait pu se distinguer en s’ancrant davantage dans la réalité, en s’inspirant plus frontalement de l’histoire du gang féminin des « Amazones », responsable de plusieurs braquages dans le Vaucluse. Au lieu de ça, la série effleure cette référence et se réfugie derrière une couche de comédie d’action. Visuellement, les couleurs saturées et les ambiances néon tentent de donner du style, mais l’ensemble reste superficiel. L’humour, souvent lourd et vulgaire, casse la tension plutôt qu’il ne la nourrit, tandis que les braquages s’enchaînent au prix d’invraisemblances qui finissent par décrédibiliser le récit.
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Les personnages, eux, auraient pu sauver le tout. La sororité, les trajectoires féminines, la violence conjugale, la précarité des mères seules : autant de thèmes forts esquissés mais rarement approfondis. Rebecca Marder, au centre du dispositif, peine à faire oublier un jeu parfois appuyé, quand Naidra Ayadi semble la plus solide sans que son personnage soit vraiment creusé. Autour, Jonathan Cohen, François Damiens ou Sami Outalbali restent cantonnés à des rôles fonctionnels. Au final, Les Lionnes ressemble à une occasion manquée : une série parfaitement consommable, aussitôt lancée, aussitôt oubliée.