Sport & SantéSportsSports collectifs

Benfica-Real Madrid : Prestianni-Vinicius, « si nous créons un précédent en condamnant sans preuve… »

Vinicius (Real Madrid)
Vinicius (Real Madrid)

Au lendemain de la victoire du Real Madrid sur la pelouse de Benfica, l’affaire Prestianni – Vinicius enflamme le débat sur le racisme dans le football. Entre soutien au Brésilien et exigence de preuves, Axel Torres marche sur une ligne de crête.

Le succès 0-1 à Lisbonne aurait dû suffire au bonheur du Real Madrid. Mais l’image forte de la soirée reste l’échange avec Gianluca Prestianni, accusé d’avoir lancé une insulte raciste à Vinicius, ce qui a déclenché le protocole antiraciste. Tandis que le Brésil et le vestiaire madrilène se rangent derrière leur numéro 7, certains commentateurs, à commencer par Axel Torres, se montrent bien plus prudents, au risque de diviser l’opinion.

Axel Torres, soutien affiché à Vinicius mais défense acharnée de la présomption d’innocence

Sur les ondes d’El Larguero, sur la Cadena SER, le journaliste ne cache ni son intuition ni son malaise. Il confie ainsi : « Si vous voulez mon avis, je suis sûr à 99,9 % qu’il y a eu une insulte raciste. Mais je n’en ai pas la preuve. Mais dans ce cas précis, nous le condamnerions tous. Toute insulte raciste doit être condamnée, et je considère cela comme un fléau. Je soutiens Vinicius dans son combat. » Avant de prévenir : « Cependant, si nous créons désormais un précédent en condamnant sans preuve… il pourrait arriver à l’avenir que nous condamnions avec des preuves, et la situation se complique. Qui fixera la limite ? »

En poussant le raisonnement, Axel Torres met le doigt sur un dilemme qui dépasse largement le seul cas Prestianni. Il interroge : « Qu’est-ce qui compte le plus ? Qu’une personne s’en tire à bon compte ou qu’une autre, innocente, soit condamnée ? Qu’est-ce qui est le plus important ? Je pense que Prestianni a fait sa part, mais nous devons toujours respecter la procédure régulière, même lorsque cela nous déplaît. » Une position “garantiste” qui laisse une question brûlante : jusqu’où peut-on aller pour protéger les victimes de racisme sans renoncer aux principes fondamentaux de la justice sportive ?