Avatar : pourquoi la saga devrait s’arrêter là
James Cameron n’a visiblement pas l’intention de refermer les portes de Pandora de sitôt. Problème : à force de vouloir étendre la saga Avatar dans tous les sens, celle-ci risque de perdre ce qui a fait sa force : sa rareté.
Pendant longtemps, Avatar a été pensé avec une trajectoire claire, c’est-à-dire avec un nombre de films limité et une vision d’auteur assumée – le film étant l’un des films les plus chers de l’histoire. Sauf que James Cameron voit désormais plus loin – et plus large – avec l’idée de multiplier les volets, tout en imaginant même une version “multi-formats” d’un même film. Autrement dit : une expérience modulable selon l’écran, la durée et la plateforme. Sur le papier, c’est ambitieux. Dans les faits, ça ressemble surtout à la tentation de transformer une œuvre événement en robinet à contenus. Et ce, surtout pour des raisons business.
L’événement doit rester un événement
Cameron l’assume sans détour : « J’espère vraiment qu’on pourra faire les épisodes quatre et cinq, parce que c’est une histoire tellement hallucinante et folle qu’il faut absolument la raconter. » Donc le réalisateur est clair : la trilogie Avatar n’en est finalement pas une, d’autres volets verront le jour. Et ce, sous plusieurs formats pour différentes distributions (cinéma vs plateformes de streaming), ce qui dénaturerait encore un peu plus l’oeuvre.
‘Avatar: The Way of Water’ was released 3 years ago today. pic.twitter.com/hpaqLHuLh9
— Pop Base (@PopBase) December 16, 2025
En effet, Cameron explique : « Je veux faire un film qui dure six heures et deux heures et demie en même temps. Même film. Juste, l’un est le roman, et l’autre est le film. Pourquoi pas ? Utilisons simplement ces plates-formes d’une manière qui n’a jamais été faite auparavant. »
Sauf que c’est précisément là que ça coince. Avatar s’est construit sur l’attente, sur la sensation de “grand rendez-vous” qui n’arrive pas tous les ans. Une saga précieuse, presque rare, qui se mérite. En vouloir quatre, cinq, et peut-être même six ou sept demain, décliner les formats, étendre l’univers à l’infini… c’est la stratégie parfaite pour faire tourner la machine : capitaliser sur le nom, sécuriser des entrées au cinéma, vendre du merchandising, et demain négocier des diffusions premium sur les plateformes type Netflix. Financièrement, c’est rationnel. Artistiquement, c’est dangereux.
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Parce que le public se lasse. Pas immédiatement, mais sûrement. Quand l’exception devient routine, l’émerveillement baisse, l’exigence aussi, et l’image se banalise. Avatar doit rester un choc, pas une habitude. Et si Cameron veut préserver la légende, il ferait mieux de refermer Pandora au bon moment, plutôt que de l’user jusqu’à outrance.